| Les effets
indésirables des médicaments chez le sujet âgé : épidémiologie
et prévention | | | Auteurs
: Doucet J. et coll. | | | Source
: Presse Médicale 1999, 28 : 1789-1793 © 1999 Masson, Paris
Extrait : "La iatrogénie en gériatrie
constitue un problème fréquent et important sur le plan médicosocial.
Elle accroît la morbidité, la perte d'autonomie, voire la mortalité.
Son retentissement économique est important bien que mal connu.
La survenue d'effets indésirables est indissociable de la prise de médicaments.
Les personnes âgées sont d'autant plus exposées aux risques
d'effets indésirables médicamenteux qu'elles prennent généralement
plusieurs médicaments. Il serait donc important de pouvoir définir
des groupes à haut risque d'effets indésirables. On ne connaît
pas précisément le rôle propre de l'âge par rapport
aux autres facteurs intriqués favorisant la iatrogénie chez
le sujet âgé : c'est la "relation ambiguë entre le vieillissement
et les effets indésirables" décrite par Gurwitz et Avorn.
Le vieillissement ne constitue pas toujours en lui-même un facteur
de risque indépendant d'effets indésirables dû aux seules
modifications pharmacologiques. Les sujets âgés consomment plus de
médicaments, ont plus de maladies associées que les sujets
jeunes de même statut en dehors de l'âge." (…) "La
iatrogénie gériatrique ne doit donc pas être systématiquement
assimilée à une erreur médicale car certains accidents médicamenteux
sont imprévisibles ou difficilement dissociables de l'action thérapeutique
recherchée. L'analyse de l'épidémiologie de la iatrogénie
gériatrique n'a d'intérêt que si elle conduit à définir
des groupes à haut risque et à entreprendre des mesures de prévention." |
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| Ordonnance
du sujet âgé : les questions à se poser | | | Auteur
: Doucet J. | | | Source
: La Revue du Praticien - Médecine Générale, 2002, Tome 16,
n° 582 Extrait : Objectif : Savoir
gérer l’ordonnance du sujet âgé. La polypathologie du
sujet âgé, sa polymédication, ses priorités, différentes
de celles du médecin, son état cognitif et son mode de vie rendent
souvent périlleuse la prescription d’un traitement.L’ordonnance
des malades très âgés doit tenir compte d’un dilemme
: d’une part, l’association fréquente de plusieurs affections
chez les patients de plus de 80 ans nécessite souvent plusieurs traitements
dont l’efficacité est démontrée ; d’autre part,
cette même population est plus fréquemment exposée aux
effets indésirables des médicaments. Bien que l’âge
lui-même ne contre-indique généralement pas un traitement,
il en modifie souvent les objectifs et les modalités. L’ordonnance
résulte d’un temps de décision thérapeutique qui repose
sur quelques renseignements indispensables concernant le malade et ses maladies.
Lors de sa rédaction, l’attention doit se porter sur le traitement
envisagé lui-même. Enfin les ordonnances des consultations ultérieures
de surveillance ont des objectifs bien spécifiques. Pour aborder ce
sujet sous un angle pratique,sont formulées successivement les questions
auxquelles le prescripteur doit répondre, en associant à chacune
d’elles l’argumentaire et quelques exemples spécifiques. |
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| L'observance
médicamenteuse et ses facteurs |
| | Auteur
: Jeandel C. et coll. | | | Source
: Revue de Gériatrie, 1991, Tome 16, n°7 : 319-324
Buts de
l'étude Évaluation de la connaissance du traitement et
de l'observance médicamenteuse chez les sujets âgés de
60 ans et plus. Étude de l'influence de l'âge et du sexe, du
statut socio-familial, des fonctions sensorielles et cognitives, des relations
médecin-malade et malade-pharmacien, du nombre de médications et
de prises quotidiennes, des caractéristiques du médicament
et de la classe thérapeutique sur la connaissance et l'observance.
Appréciation de l'auto-médication et de son influence sur la connaissance
et l'observance. Population étudiée
L'étude a concerné l'ensemble des patients âgés de
60 ans et plus, hospitalisés dans un service de Médecine interne
à orientation gériatrique sur une période de 5 mois, à
l'exception des malades admis initialement en unité de soins continus.
Parmi les 381 patients ainsi recrutés, 81 n'ont pu être étudiés
car présentant un syndrome démentiel évolué, un
syndrome confusionnel, des troubles physiques ou des troubles sensoriels invalidants
ou en raison d'un refus de participation. Méthodes
L'enquête, effectuée par questionnaire oral, a été
réalisée par un enquêteur unique pharmacien, au cours
des premiers jours de l'hospitalisation et s'est intéressée à
l'ensemble des médications administrées par voie orale durant
la période précédant celle-ci. La connaissance du traitement
a été appréciée sur la faculté pour le
patient de préciser le nombre de prises quotidiennes par médicament.
L'observance a été déterminée à partir de la
connaissance corrigée par l'intervention éventuelle d'un tiers
dans l'administration du traitement et/ou par la faculté pour le patient
de préciser les caractéristiques du médicament. L'ensemble
des médications reconnues était confronté aux ordonnances
du ou des médecins traitants ainsi qu'aux données de l'interrogatoire
de l'entourage. |
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| La
thérapeutique est aussi la science et l'art de
"dé-prescrire" |
| | Auteur
: Queneau P. | | | Source
: Presse Médicale 2004, 33 : 583-585 © 2004 Masson, Paris
Extrait : Savoir bien prescrire, c'est aussi,
pour le médecin, savoir proscrire un médicament contre-indiqué,
mais c'est aussi savoir « dé-prescrire », ce qui impose d'y
penser ou d'en avoir le réflexe. Nous revendiquons de longue date, lors
de prises de parole et par écrit, l'identité mais surtout l’utilité
de ce vocable, même s'il ne semble pas faire partie des mots actuellement
consacrés par la langue française. II est vrai qu'il ne figure dans
aucun des dictionnaires d'usage courant et pas d’avantage dans celui de
l'Académie française. Cependant, l'usage des mots est par essence
évolutif. Aussi, en espérant que notre démarche ne soit perçue
ni comme illégitime, ni comme prétentieuse, nous militons en faveur
de ce vocable "dé-prescrire", qui résulte tout simplement
de l'adjonction du préfixe "dé"' au verbe "prescrire",
parce que ce mot nous semble traduire, mieux que toute autre formulation, l’arrêt
volontariste de l'action de prescrire. Pourquoi dès lors ne pas "dé-prescrire"
de même que l'on dé-jeune, dé-place, dés-espère,
dé-forrne, dés-habille... ou dé-plait ? Cet arrêt
volontariste d'une prescription s'impose comme une démarche parfois négligée,
à tort, par le médecin. Il est vrai qu'elle est peu enseignée
à la Faculté. Mais il est vrai également que la "bonne
durée" d'un traitement n'est pas une donnée facile à
déterminer, pour la bonne et simple raison que, souvent, elle n'est pas
facile à évaluer. Car, si nous, savons bien qu'il faudra poursuivre
"à vie" (sauf découverte nouvelle majeure) un traitement
antidiabétique, anti-épileptique ou antihypertenseur par exemple,
la question est beaucoup plus délicate de savoir quand il est souhaitable
d'arrêter un traitement anticoagulant, corticoïde, psychotrope, voire
le traitement hormonal substitutif de la ménopause. |
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